En bref
En bref
- Le mildiou de la tomate démarre surtout avec eau libre, humidité forte, pluie ou rosée persistante, puis températures modérées.
- Le premier geste utile est cultural : arroser au pied, pailler, aérer et supprimer tôt les feuilles atteintes.
- Cherchez d’abord les taches brunes, l’aspect huileux et le feutrage blanc sous les feuilles.
- La bouillie bordelaise ne guérit pas : elle protège seulement les tissus sains, si l’usage est autorisé.
- En serre, la condensation nocturne peut entretenir la maladie même sans pluie.
- 16 à 22 °C
- zone optimale de croissance et de production de spores signalée par Éphytia INRAE
- Après pluie ou forte humidité
- moment de surveillance
- Au pied
- arrosage, jamais sur le feuillage
- Feuilles atteintes
- à supprimer tôt si l’attaque démarre
Il vous faut un sécateur propre, un seau ou un sac pour écarter les feuilles malades, du paillage, des liens de tuteurage, un arrosoir à goulot ou un goutte-à-goutte.
Si vous utilisez un produit, je ne donne pas de dosage générique : dose, délai avant récolte et conditions d’emploi dépendent de l’autorisation et de l’étiquette.
Quand le mildiou démarre vraiment
Le mildiou de la tomate est dû à Phytophthora infestans, un micro-organisme apparenté aux algues. Il a longtemps été rangé avec les maladies cryptogamiques par les jardiniers, même si le mot « champignon » n’est pas exact ici. Il se propage vite quand le feuillage reste mouillé.

Il a besoin d’eau libre ou d’une humidité saturante pour infecter les organes aériens. Sans feuille mouillée longtemps, sans condensation, sans pluie ou rosée persistante, le risque baisse nettement.
| Situation au potager | Risque | Ce qui se passe | Geste prioritaire |
|---|---|---|---|
| Pluie, rosée forte, feuillage mouillé longtemps | Élevé | L’eau libre ou l’humidité saturante permet l’infection | Surveiller les premières taches, éviter tout arrosage sur feuilles |
| Températures modérées autour de 16 à 22 °C | Élevé | La croissance et la production de spores sont optimales | Aérer, espacer le feuillage, supprimer les feuilles basses si nécessaire |
| Température durablement au-dessus de 25 °C | Plus faible | Le parasite est fortement ralenti ou totalement stoppé selon Éphytia INRAE | Continuer la prévention avant le retour de pluie |
| Serre fermée avec condensation nocturne | Élevé | L’humidité persiste même sans pluie directe | Ouvrir, ventiler, éviter l’arrosage du soir |
| Tomates proches de pommes de terre malades | Élevé | La propagation est possible entre solanacées | Surveiller les deux cultures, éliminer les foyers |
Ce tableau sert de boussole. Si la météo annonce plusieurs jours secs et chauds, on surveille sans s’agiter. Si les nuits restent humides, que le feuillage se touche et que les températures sont modérées, le foyer peut prendre vite.
Reconnaître les premiers symptômes
Le premier repère est la tache. Sur feuille, le mildiou commence souvent par des plages mal délimitées, d’aspect humide, vert pâle à vert brun, qui s’étendent puis se nécrosent. Une vieille feuille jaunit lentement et uniformément. Le mildiou, lui, tache, brunit et gagne vite par temps humide.
Retournez les folioles. Le signe qui ne trompe pas, quand l’humidité est forte, c’est un feutrage blanc ou grisâtre sur la face inférieure. Ce duvet porte les spores du parasite. Il n’est pas toujours visible par temps sec, donc son absence ne suffit pas à écarter le diagnostic.
Sur tige, les taches brunes allongées ou nécrosées sont plus inquiétantes. Quand la tige principale est atteinte, la maladie est déjà bien installée.
Sur fruit, le mildiou donne aussi des taches brunes. Des symptômes proches sur des fruits au contact du sol peuvent venir du mildiou terrestre, dû à Phytophthora nicotianae. Regardez donc l’ensemble de la plante avant de conclure.
Je regarde dans cet ordre : feuilles basses, dessous des feuilles, tiges, fruits bas. Après pluie, rosée forte ou condensation en serre, c’est le bon moment. Si seules quelques folioles sont tachées, vous pouvez encore limiter la propagation. Si plusieurs tiges et fruits brunissent, l’objectif change : protéger les plants encore sains.
Couper l’humidité autour des plants
La meilleure prévention contre le mildiou tomate n’est pas un remède ajouté trop tard, c’est une culture qui sèche vite.

Arrosez au pied, jamais sur le feuillage. Si un arrosage est nécessaire, faites-le le matin : le sol reçoit l’eau, mais l’ambiance ne reste pas humide toute la nuit.
Paillez le sol. Le paillage limite les éclaboussures de terre sur les feuilles basses et garde une humidité plus régulière au pied. Il ne rend pas les tomates invulnérables, mais il réduit une porte d’entrée classique après orage ou arrosage brutal.
Attachez les tiges pour que le feuillage ne traîne pas au sol. Aérez sans déplumer. Je ne conseille pas de retirer toutes les feuilles : la plante en a besoin pour nourrir les fruits. En revanche, une feuille malade, une feuille collée au sol ou un paquet de feuillage qui bloque l’air se supprime ou se dégage.
Sous serre ou tunnel, le risque vient souvent de la condensation nocturne. Ouvrez dès que la météo le permet, surtout le matin. Le bon repère : les feuilles doivent sécher vite après la nuit ou après un épisode humide.
Agir dès les premières taches
Au début du mildiou tomate, intervenez proprement, sans secouer tout le rang.
Coupez les folioles ou feuilles atteintes dès que les premières taches apparaissent, surtout avant que l’infection ne gagne les tiges ou les fruits. Travaillez si possible par temps sec, avec un sécateur propre.
Mettez les parties infectées directement dans un seau ou un sac. Ne les laissez pas tomber entre les pieds de tomate. Ne secouez pas le plant malade : les spores se déplacent avec la pluie, le vent et les manipulations.
Après intervention, évitez d’arroser, surtout sur le feuillage.
Surveillez aussi les pommes de terre proches. Tomates et pommes de terre appartiennent aux solanacées, et les foyers peuvent se répondre. Des résidus de culture malade, des repousses ou un compost contenant des débris contaminés peuvent entretenir une contamination initiale.
Si seules quelques feuilles basses sont atteintes, la suppression précoce peut stabiliser la situation quand le temps redevient sec. Si les tiges sont largement touchées, je ne parlerais plus de guérison : on limite la propagation, on écarte les déchets malades et on protège les plants encore sains.
Calendrier de prévention
De la fin du printemps à l’été, puis jusqu’à l’automne selon la météo locale, le mildiou apparaît surtout après des épisodes humides. En jardin chaud et sec, un orage suivi de nuits lourdes suffit parfois à déclencher une attaque sur des plants serrés.
| Moment | Ce que je vérifie | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Avant une période pluvieuse | Feuillage dense, feuilles basses, plants couchés | Attacher, aérer, pailler, arroser uniquement au pied si besoin |
| Après pluie ou forte rosée | Dessous des feuilles, tiges, fruits bas | Repérer les premières taches, retirer tôt les feuilles atteintes |
| En serre humide | Condensation, air stagnant, feuillage serré | Ouvrir, ventiler, arroser le matin au pied |
| Premiers symptômes | Nombre de feuilles touchées, présence sur tige ou fruit | Couper les parties atteintes, isoler les déchets, surveiller l’évolution |
| Fin de culture malade | Débris végétaux, fruits atteints, repousses | Éliminer les résidus malades, éviter de les composter sans maîtrise |
Ce calendrier évite deux erreurs fréquentes : traiter sans regarder la météo, ou attendre que les tiges soient atteintes pour intervenir. Le bon moment, c’est avant la pluie pour prévenir, puis juste après pour diagnostiquer.
Bouillie bordelaise, cuivre, biocontrôle
La bouillie bordelaise est un produit à base de cuivre. Sur tomate, elle agit par contact, en protection préventive des tissus sains. Elle peut limiter les nouvelles contaminations si elle est utilisée avant ou au tout début d’une période à risque, mais elle ne répare pas une feuille nécrosée, une tige brunie ou un fruit déjà taché.
Le cuivre au potager est encadré. Pour certaines spécialités à base de bouillie bordelaise, E-Phy indique une application totale maximale de 28 kg de cuivre par hectare sur sept ans. Il ne doit donc pas devenir un réflexe répété à chaque doute. Avant achat ou usage, vérifiez sur ephy.anses.fr que le produit est autorisé pour l’usage concerné, ici tomate et mildiou, et pour le public visé.
Vérification réglementaire à reprendre au moment de l’emploi : statut des produits consulté pour la rédaction le 22 octobre 2026.
Même règle pour les produits de biocontrôle : ne vous fiez pas au mot naturel sur une étiquette. La liste officielle des produits de biocontrôle du ministère de l’Agriculture et la fiche d’autorisation cadrent les usages possibles. Les produits de biocontrôle restent des produits phytopharmaceutiques autorisés après évaluation, et seuls ceux qui portent la mention « emploi autorisé dans les jardins » sont accessibles en vente libre aux utilisateurs amateurs.
Respectez l’étiquette : dose, délai avant récolte, nombre d’applications, protection de l’utilisateur, conditions météo.
Si l’attaque est installée sur tiges et fruits, un traitement mildiou tomate ne sauve généralement pas les tissus atteints. La priorité reste la conduite : retirer les parties malades, ventiler, éviter l’eau sur les feuilles et protéger les plants encore peu touchés.
Les traitements naturels, à garder à leur place
Le bicarbonate de soude contre mildiou tomate, le purin d’ortie, la prêle, le savon noir ou les huiles essentielles reviennent souvent dans les recherches.
Je les garde à leur place : ce ne sont pas les gestes centraux. Le purin d’ortie ne remplace ni l’aération ni la suppression des feuilles infectées. Une soupe de savon noir, utile contre certains insectes, ne traite pas le mildiou.
Pour les pucerons, la logique est différente : si c’est ce problème qui vous occupe, voyez plutôt les anti-pucerons naturels.
La méthode robuste reste la même : réduire l’humidité, améliorer la circulation de l’air, pailler contre les éclaboussures, arroser au pied, supprimer tôt les folioles infectées, surveiller après pluie.
Si une substance est présentée comme produit phytosanitaire, son statut doit être vérifié comme celui d’un produit classique.
Le piège, c’est de chercher une recette naturelle alors que les conditions favorables sont toujours là : feuillage mouillé, serre fermée, plants serrés. Tant que cette cause n’est pas corrigée, la propagation continue.
Selon votre situation
Le geste change selon l’environnement. Une tomate en pleine terre reçoit la pluie et les éclaboussures. Une tomate sous serre échappe à la pluie, mais subit parfois une humidité nocturne plus longue. Une tomate proche d’une pomme de terre malade demande une surveillance renforcée.
| Situation | Risque particulier | Geste qui change |
|---|---|---|
| Tomates en pleine terre | Pluie, éclaboussures, feuilles basses | Paillage, arrosage au pied, suppression des feuilles au contact du sol |
| Tomates sous serre | Condensation et air stagnant | Aération quotidienne, arrosage le matin, feuillage moins serré |
| Tomates près de pommes de terre | Propagation entre solanacées | Surveiller les deux cultures, éliminer vite les foyers |
| Variétés sensibles | Attaque plus rapide en météo favorable | Choisir à l’avenir des variétés résistantes ou peu sensibles |
| Fin de saison humide | Récolte menacée, débris infectés | Écarter les résidus malades, ne pas laisser de foyers au potager |
Une variété résistante ou peu sensible n’autorise pas à mouiller le feuillage tous les soirs. Elle donne une marge, pas une garantie. La rotation des cultures, l’élimination des repousses et la qualité des plants limitent aussi les sources de contamination initiale.
Contrôler le résultat
Après avoir coupé les feuilles atteintes et amélioré l’aération, observez les nouvelles feuilles, les tiges et les fruits bas dans les jours suivants, puis après le retour d’un temps sec.
Le critère de réussite est simple : pas de nouvelles taches visibles, feuillage qui sèche mieux, aucune progression sur tige.
Si seules les feuilles supprimées étaient touchées et que la météo redevient sèche, la situation peut se stabiliser. Si de nouvelles taches apparaissent sur plusieurs plants voisins, ou si les tiges brunissent, le risque reste élevé.
Dans ce cas, ne cherchez pas à sauver chaque feuille : retirez les foyers, isolez les déchets et concentrez-vous sur les plants encore sains.
Si ça ne marche pas
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Nouvelles taches après chaque pluie | Feuillage trop dense ou mouillé longtemps | Aérer, attacher, surveiller après pluie |
| Maladie qui part du bas | Éclaboussures, feuilles au contact du sol | Pailler, retirer les feuilles basses atteintes |
| Mildiou en serre sans pluie | Condensation nocturne | Ventiler, arroser le matin, espacer le feuillage |
| Plusieurs plants touchés vite | Foyer déjà installé | Retirer les parties atteintes, isoler les déchets, protéger les plants encore sains |
| Traitement inefficace | Produit utilisé trop tard ou hors cadre | Revenir à la prévention, vérifier l’autorisation et l’étiquette |
Le plus mauvais réflexe est d’arroser le soir sur un feuillage déjà dense, puis de traiter le lendemain sans retirer les parties malades. Vous ajoutez de l’humidité au problème. Commencez toujours par faire sécher et circuler l’air.
Questions fréquentes
Comment se débarrasser du mildiou sur les tomates ?
On supprime tôt les feuilles ou folioles atteintes, on isole les déchets et on coupe l’humidité autour des plants. On ne guérit pas les tissus déjà nécrosés.
Qu’est-ce qui favorise le mildiou ?
L’eau libre ou l’humidité saturante, la pluie, la rosée, l’air stagnant et les températures modérées favorisent l’infection et la propagation.
La bouillie bordelaise soigne-t-elle les tomates déjà malades ?
Non. Elle protège préventivement les parties saines si le produit est autorisé et utilisé selon son étiquette. Elle ne répare pas une feuille ou une tige atteinte.
Peut-on manger des tomates touchées par le mildiou ?
Écartez les fruits tachés, abîmés ou pourris. Ne gardez que des fruits sains, sans zone suspecte, et ne transformez pas un fruit malade.
Peut-on composter des plants malades ?
Évitez de composter les résidus malades dans un compost domestique mal maîtrisé. Écartez-les pour ne pas entretenir un foyer au potager.
Sources consultées pour la rédaction : Éphytia INRAE, fiche VigiMildiou sur le mildiou de la tomate ; fiches Éphytia INRAE sur les symptômes de Phytophthora infestans ; ephy.anses.fr pour le statut des produits ; liste officielle des produits de biocontrôle du ministère de l’Agriculture.
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