En bref

  • Le danger vient des chenilles et de leurs poils urticants, pas du papillon adulte.
  • Le pin se surveille surtout de janvier à avril, le chêne surtout d’avril à juillet, avec des variations selon l’exposition et le climat.
  • Ne touchez ni la chenille, ni le nid, ni la procession au sol : balayage, tondeuse et manipulation dispersent les poils dans l’air.
  • Le risque concerne aussi le chien, le chat et les autres animaux domestiques : en cas de contact suspect, appelez vite un vétérinaire.
  • La lutte commence par le diagnostic du stade et de l’arbre hôte ; les produits ne s’emploient que s’ils sont autorisés pour les particuliers.
Pin et chêne
principaux arbres hôtes au jardin
Larve
stade à risque
Nid de soie
signe visible, à ne pas manipuler
Poils urticants
risque peau, yeux, respiration
Papillon de nuit
stade adulte

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit. Elle pose un double problème : elle affaiblit l’arbre et peut provoquer des ennuis de santé parfois graves. Ce qui décide, ce n’est pas seulement son aspect, mais son stade, son arbre hôte et l’endroit où elle se trouve.

Je pars de trois repères : quel arbre est touché, quel mois on est, qui passe sous l’arbre. Un pin près d’un passage de chien en février ne se lit pas comme un chêne au fond du terrain en juin.

Reconnaître la chenille processionnaire

La chenille processionnaire est une chenille poilue qui se déplace souvent en file. La procession, c’est cette marche nette, l’une derrière l’autre.

Chenilles processionnaires regroupées dans un nid de soie blanc accroché aux aiguilles d'un pin
Comment lutter contre les chenilles processionnaires ? Reportage France 3 Auvergne et AYA Perfect

Le signe qui ne trompe pas : plusieurs chenilles avancent en rang, sous un pin ou près d’un chêne, selon l’espèce. Si vous hésitez avec un autre insecte poilu, ne la touchez pas. Une photo prise de loin suffit souvent pour demander une identification locale.

Le nid et la procession

La processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, forme des nids de soie blanchâtres dans les pins et d’autres résineux hôtes. Les chenilles y passent une partie de l’hiver, puis descendent vers le sol.

La processionnaire du chêne, Thaumetopoea processionea, vit sur chêne. Ses nids se voient plutôt sur le tronc ou les grosses branches, d’après FREDON et les ressources INRAE.

Le papillon adulte

Le papillon est le stade adulte. Il participe au cycle, mais le risque sanitaire vient surtout des poils urticants des chenilles et des nids contaminés, selon l’ANSES, le ministère chargé de la Santé et les centres antipoison.

La reconnaissance passe donc par l’arbre hôte, la période, le nid et la manière dont la larve se déplace.

Fiche d’identité dans la grille des ravageurs

Propriété Valeur Source
Nom commun Chenille processionnaire FREDON, Observatoire des chenilles processionnaires
Espèces principales Processionnaire du pin et processionnaire du chêne FREDON, ministère chargé de la Santé
Noms scientifiques Thaumetopoea pityocampa et Thaumetopoea processionea FREDON, INRAE
Famille Notodontidae FREDON
Arbres hôtes Pins et autres résineux hôtes, chênes FREDON, INRAE
Stade observé au jardin Larve, nid, procession, papillon adulte FREDON, INRAE
Stade dangereux Chenilles avec poils urticants et nids contaminés ANSES, ministère chargé de la Santé, centres antipoison
Période de risque pin Principalement janvier à avril, selon la météo Ministère chargé de la Santé
Période de risque chêne Principalement avril à juillet, selon la météo Ministère chargé de la Santé
Risque humain Rougeurs, démangeaisons, irritation des yeux, atteinte respiratoire, réaction allergique possible ANSES, centres antipoison, ministère chargé de la Santé
Risque animaux Chien, chat et animaux domestiques exposés, urgence vétérinaire en cas de contact buccal suspect ANSES, centres antipoison, Observatoire des chenilles processionnaires
Dégâts sur l’arbre Défoliation, affaiblissement possible en cas d’attaques répétées FREDON, INRAE
Méthodes de lutte particuliers Évitement, retrait équipé, piège de descente adapté au pin, biocontrôle si autorisé FREDON, INRAE, ministère de l’Agriculture, ephy.anses.fr
Geste à éviter Toucher, balayer, tondre, déplacer sans protection Ministère chargé de la Santé, centres antipoison, Observatoire des chenilles processionnaires
Statut légal des produits À vérifier sur ephy.anses.fr avant usage, vérification éditoriale datée du 22 octobre 2026 ephy.anses.fr, liste officielle de biocontrôle

Dans cette grille, la donnée la plus utile reste la période. Le pin expose surtout de janvier à avril. Le chêne expose surtout d’avril à juillet. C’est cette différence qui change la surveillance du jardin et le choix des techniques.

Cycle mois par mois

Ces repères restent larges : un hiver doux, une région chaude ou l’altitude peuvent avancer ou retarder les stades. Je les lis comme un calendrier de vigilance, pas comme une date exacte d’intervention.

Mois Processionnaire du pin Processionnaire du chêne Risque au jardin
Janvier Larves en nid d’hiver, risque urticant possible Œufs sur rameaux Surveiller les pins accessibles
Février Larves et descentes possibles selon climat Œufs Risque fort pour les chiens sous les pins
Mars Descentes et nymphose possibles Éclosions possibles selon régions et débourrement Ne pas tondre ni balayer une procession
Avril Descentes encore possibles selon régions Larves sur chêne, début du risque urticant Double vigilance pin tardif et chêne
Mai Nymphose dans le sol, anciens nids à risque Larves urticantes, nids sur tronc ou branches Risque surtout sur chêne
Juin Nymphose, puis adultes selon régions Larves, nids, nymphose Éviter les zones infestées
Juillet Papillons adultes possibles Risque encore possible, puis fin progressive du cycle larvaire Risque résiduel des nids contaminés
Août Papillons, ponte possible Papillons ou ponte selon cycle local Surveiller sans intervenir à l’aveugle
Septembre Œufs et jeunes larves possibles Œufs Risque sanitaire généralement plus faible
Octobre Développement larvaire Œufs Premiers nids possibles sur pin
Novembre Larves du pin, poils urticants selon stade Œufs Vigilance près des pins fréquentés
Décembre Larves en nid d’hiver Œufs Éloigner les animaux des nids bas

Les sources FREDON, INRAE et le ministère chargé de la Santé vont dans le même sens : pin, vigilance surtout de janvier à avril ; chêne, vigilance surtout d’avril à juillet.

Quels risques pour l’humain ?

Le danger vient des poils urticants microscopiques. Ils peuvent se détacher des chenilles, passer dans l’air ou rester dans les nids.

Le contact peut provoquer des rougeurs, démangeaisons, urticaire, irritation des yeux, conjonctivite, atteinte respiratoire ou réaction allergique, selon l’ANSES, le ministère chargé de la Santé et les centres antipoison.

En cas d’exposition, éloignez-vous de la zone. Retirez les vêtements touchés avec précaution. Lavez la peau et les cheveux si les recommandations sanitaires locales le prévoient. Ne frottez pas les yeux.

Si la réaction touche les yeux, la bouche, la respiration, ou si les symptômes sont marqués, demandez un avis médical ou appelez un centre antipoison.

Je le dis franchement : il ne sert à rien de régler une procession à la main. Une pelle, un balai ou une tondeuse peuvent remettre des poils en suspension. La bonne première réponse, c’est l’éloignement et le balisage.

Et pour le chien ou le chat ?

Le chien est très exposé parce qu’il renifle, lèche ou prend en gueule ce qu’il trouve au sol. Une procession sous un pin, en fin d’hiver ou au printemps, est donc un vrai danger pour lui.

Le chat et les autres animaux domestiques peuvent aussi être concernés.

Les signes rapportés par les sources sanitaires et vétérinaires comprennent salivation, gêne buccale, douleur, gonflement, abattement ou atteinte de la langue.

Vous n’avez pas besoin d’attendre que tout apparaisse : si le contact buccal est suspecté, appelez un vétérinaire rapidement.

Ne manipulez pas la bouche de l’animal sans avis. N’essayez pas de frotter ou de traiter avec une recette maison. Tenez l’animal loin de la zone, évitez que d’autres animaux s’en approchent, et décrivez au vétérinaire l’arbre, le mois, la présence de nid ou de procession.

Que faire si vous trouvez un nid ou une procession au jardin ?

Commencez par la situation, pas par le geste.

Un nid en hauteur dans un pin ou un chêne ne se décroche pas à mains nues. Même s’il semble vide, il peut rester contaminé.

S’il est près d’un passage, d’une terrasse, d’un coin d’enfants ou d’un endroit où circule un chien, balisez et faites intervenir une personne équipée.

Une procession au sol ne se balaie pas. Ne passez pas la tondeuse. N’arrosez pas au jet pour disperser les chenilles.

Éloignez enfants et animaux, contournez largement la zone, puis identifiez l’arbre et le stade. Le signe qui ne trompe pas : une file de chenilles au sol sous un pin ou près d’un chêne.

Dans une zone fréquentée, la priorité est de réduire l’exposition. Fermez l’accès si possible. Prévenez les personnes qui jardinent ou passent dans la zone.

Si l’arbre est en limite d’espace public ou de voisinage, contactez la mairie ou le gestionnaire concerné avant toute intervention.

Lutte autorisée aux particuliers

Le diagnostic vient avant le traitement : espèce, arbre hôte, stade et période. Sans cela, on intervient trop tard, ou au mauvais endroit.

Le retrait des nids peut se faire, mais avec protection adaptée et sans dispersion des poils. Pour un particulier, je réserve cette opération aux personnes formées ou équipées, surtout quand le nid est haut.

Pour la processionnaire du pin, les pièges de descente sur le tronc peuvent intercepter les chenilles lorsqu’elles descendent vers le sol, si la pose est faite avant ou pendant la période de descente. La logique n’est pas la même pour la processionnaire du chêne.

Le biocontrôle n’est à envisager que si le produit est autorisé pour l’usage visé. Pas de produit interdit aux particuliers, pas de recette maison, pas de promesse d’éradication.

La vérification éditoriale se fait sur la liste officielle du ministère de l’Agriculture et sur ephy.anses.fr, avec la date de consultation. Au 22 octobre 2026, la règle retenue ici est simple : n’employer qu’un produit dont l’usage, la cible et le public sont explicitement autorisés sur la base officielle.

Les auxiliaires peuvent réduire la pression : mésanges, oiseaux insectivores, chauves-souris et autres prédateurs consomment certains stades. Installer des nichoirs a du sens dans un jardin vivant, mais cela ne remplace pas une intervention quand un nid dangereux se trouve près d’une zone fréquentée.

Processionnaire du pin ou du chêne ?

Processionnaire du pin

  • Arbre hôte principal : pin et autres résineux hôtes
  • Nids de soie souvent visibles dans la ramure
  • Vigilance surtout de janvier à avril
  • Procession de descente vers le sol, piège de tronc utile selon le stade

Processionnaire du chêne

  • Arbre hôte principal : chêne
  • Nids et regroupements plutôt sur tronc ou branches
  • Vigilance surtout d’avril à juillet
  • Risque près des chênes fréquentés, intervention à adapter au site

Ce comparatif suffit souvent à choisir la bonne surveillance.

Un pin avec nid en février demande une attention immédiate pour les chiens. Un chêne en mai ou juin demande surtout de surveiller les branches basses, le tronc, les zones de passage et les anciens nids.

Espèces voisines et sujets à lire ensuite

Dans la même famille de problèmes au jardin, la chenille processionnaire se compare mal aux cochenilles ou aux pucerons : ici, le risque sanitaire passe avant la santé de la plante.

Pour replacer ce ravageur dans l’ensemble des nuisibles rencontrés au jardin, voyez aussi les ravageurs et maladies du jardin.

Sources utilisées pour cette fiche

Sources prises en compte : ANSES pour le risque lié aux chenilles urticantes, centres antipoison pour la conduite à tenir, ministère chargé de la Santé pour les périodes de risque, FREDON et INRAE pour la reconnaissance, le cycle et la surveillance, ministère de l’Agriculture pour la liste officielle de biocontrôle, ephy.anses.fr pour le statut légal des produits.

Consultation éditoriale datée du 22 octobre 2026.